Petra De Sutter

Fertiliteitsexperte, senator & parlementslid voor Groen in de Raad van Europa

Politics

Reynders kandidaat Secretaris-Generaal Raad van Europa

Photo : Sandro Weltin/©Council of Europe

Didier Reynders se voit déjà à Strasbourg

L’institution paneuropéenne pâtit de la lumière médiatique accaparée par l’Union européenne. Mais son rôle de rempart est d’autant plus capital que sévit une lame de fond « illibérale »…

Pas un mot, lors de son speech prononcé ce mercredi lors de la réception de début d’année proposée au Palais d’Egmont à la presse nationale et internationale. Didier Reynders a évité le sujet qui agite le Landerneau politique belge depuis la révélation, lundi, de sa candidature officielle au poste de nº1 du Conseil de l’Europe. Sinon pour évoquer son calendrier de ministre des Affaires étrangères, européennes et de la Défense, minoritaire en affaires courantes : « Encore beaucoup de travail, puis des élections et, ensuite, encore beaucoup d’opportunités qui pourraient se présenter… »

Hors pupitre, le chef de la diplomatie belge affiche cependant sa confiance. Didier Reynders jauge la probabilité de décrocher le poste de secrétaire général du Conseil de l’Europe à une « chance réelle ». La date limite pour le dépôt des candidatures est fixée à ce jeudi. Le Belge ne sera pas seul : mercredi, la candidature, envisagée avant la Noël, du député et ex-Premier ministre lituanien Andrius Kubilius (en 1999-2000 et 2008-2012) a été officiellement enregistrée. Rien ne laisse présager l’irruption in extremis d’un « troisième homme » (ou femme).

Importants « soutiens »

Le Comité des ministres de l’institution se penchera en mars sur les deux candidatures. Et c’est l’Assemblée parlementaire qui tranchera, lors d’un vote en juin, ou au plus tard en septembre si les deux candidats ne sont pas départagés auparavant. De source informée, la balance penche déjà fortement en faveur du belge… « Didier Reynders participe aux travaux, connaît déjà l’institution notamment à travers la présidence belge du Comité des ministres (en 2014-2015, NDLR) et a jeté des ponts, essentiels, avec l’UE », nous dit-on à Strasbourg.

L’intéressé fait d’ailleurs état d’importants « soutiens ». A la mi-décembre, il faisait encore le déplacement à Strasbourg pour présenter sa vision devant les ambassadeurs des Etats membres. Mais voilà déjà trois ans, lors de ces mêmes vœux de Nouvel an à la presse, qu’il a lancé sa « petite idée », inlassablement plaidée depuis : l’organisation d’un examen systématique du respect des valeurs fondamentales par les Etats membres de l’UE. Soit un projet « 100 % Conseil de l’Europe-compatible » : il ne lui avait pas échappé, confie Reynders, que l’actuel « SecGen », le Norvégien Thorbjørn Jagland, achèverait son deuxième mandat cette année… « Bien sûr , ironise Reynders, avec au passage une pique à l’adresse d’Elio Di Rupo, si tout le monde en Belgique me demandait de rester, mon cœur saignerait… ».

PHILIPPE REGNIER

L’échec cuisant d’un autre Belge

Didier Reynders n’est pas le premier Belge à briguer le poste de secrétaire général du Conseil de l’Europe. Début 2009, le sénateur CD&V et ex-ministre président du gouvernement flamand Luc Van den Brande (notre photo) était officiellement présenté comme candidat par la Belgique. Un homme du sérail, puisque Van den Brande siégeait alors à l’Assemblée parlementaire du Conseil et dirigeait même le groupe PPE des élus conservateurs.

Las ! Le parlementaire devait essuyer un échec cuisant. Victime d’un rapport produit par le Premier ministre luxembourgeois de l’époque, un certain… Jean-Claude Juncker. L’actuel président (sortant) de la Commission européenne venait de préconiser pour diriger « l’obscure » institution le choix d’une personnalité à grande visibilité : soit quelqu’un doté d’une « expérience de chef d’Etat ou de gouvernement » . Les gouvernements des 47 Etats membres avaient alors écarté la candidature de Van den Brande, préférant celle de l’ex-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Jagland, qui allait bientôt entamer son premier mandat.

Si les membres de l’Assemblée parlementaire contestaient ces « critères Juncker », Luc Van den Brande avait aussi été victime d’une fronde ourdie par les élus… belges francophones siégeant à Strasbourg. Lesquels reprochaient au candidat son opposition rabique à la ratification d’une convention du Conseil pour la protection des minorités – en l’espèce, celle des… francophones de la périphérie bruxelloise.

Et cette fois ? Un péril… flamand pour Reynders, sachant que 10 parlementaires belges à Strasbourg sur 14 appartiennent à ce rôle linguistique (dont 4 N-VA, qui vient de claquer la porte du gouvernement) ?

« On traite ici de l’avenir de l’Europe, des valeurs de notre continent, que l’on doit défendre. Didier Reynders représente à cet égard plutôt les vues partagées par la plupart des partis démocratiques en Europe de l’Ouest , nous dit la sénatrice Groen Petra De Sutter, qui pilote à l’Assemblée parlementaire un projet de réforme du règlement, capital au moment où la Russie boycotte l’hémicycle. Il faut surmonter nos politiques locales ou régionales. L’enjeu est la géopolitique, pas la périphérie bruxelloise ! »

De ene zegt: topjob, de andere: uitbolbaan

Didier Reynders aast op een internationale topjob: secretaris-generaal van de Raad van Europa. Haalt hij het, dan kan dat zijn definitieve adieu van de Belgische politiek betekenen. Tenzij hij toch nog kans maakt op de Wetstraat 16.

Het is een publiek geheim dat Didier Reynders (60) een internationale topjob ambieert. In 2014 greep de MR-topper net naast de post van Europees commissaris. CD&V offerde tijdens de onderhandelingen voor de Zweedse coalitie onverwacht premier Kris Peeters op voor Europees commissaris Marianne Thyssen. En Reynders? Die moest zich tevredenstellen met de stoel van Buitenlandse Zaken. Tegelijk de ideale positie om internationale connecties uit te bouwen. En die komen van pas, als je toch nog broedt op een mooie sortie.

De Raad van Europa (RvE), dus. Niet te verwarren met de Europese Raad, die de staatsleiders van de Europese Unie verzamelt. De RvE werkt onafhankelijk van de Europese Unie en verenigt 47 Europese landen, waaronder Rusland. De voornaamste taak van de RvE is: waken over de mensenrechten, onder meer via het Europees Hof voor de Rechten van de Mens. “De RvE tikte ons land al meerdere keren op de vingers voor het schenden van de rechten van geïnterneerden”, schetst professor Europese politiek Hendrik Vos (UGent). Ook ex-staatssecretaris Theo Francken (N-VA) kreeg een tik omdat hij uitgeprocedeerde gezinnen met kinderen onderbracht in een gesloten centrum. “De organisatie is niet onbelangrijk, maar heeft vooral moreel gezag”, zegt Vos. Ter illustratie: ons land sluit uitgeprocedeerde gezinnen nog steeds op.

Thorbjørn wié?

Net daarom verwondert professor Vos zich over de kandidatuur van Didier Reynders: omdat die bekendstaat als machtsmens pur sang. “De functie is vooral een uitbolbaan waar je internationaal weinig potten mee breekt. De naam van de huidige topman, Thorbjørn Jagland, doet wellicht geen belletje rinkelen.”

Groen-senatrice Petra De Sutter sputtert tegen. Zij zetelt voor ons land in het parlement van de Raad van Europa.

“Secretaris-generaal van de RvE is wel degelijk een diplomatieke topjob. De mensenrechten staan serieus onder druk, daarop toezien is erg belangrijk. Je kan de RvE afschilderen als een praatbarak, maar het Europese Verdrag voor de Rechten van de Mens is binnen de Raad opgesteld – en dat is bindend.”

Zowel Hendrik Vos als Petra De Sutter schat de kansen van Reynders hoog in. “Als je je kandidaat stelt, heb je al de steun van verschillende landen op zak.” Volgens Reynders hebben verschillende collega’s in de RvE hem benaderd voor de functie. Bovendien past hij in het plaatje. Zijn voorgangers waren – net als hij – buitenlandminister óf staatsleider. En hij ijverde in 2018 nog voor een jaarlijkse doorlichting van alle Europese landen om te kijken of ze de mensenrechten eerbiedigen.

Sleutels van de 16

Didier Reynders heeft het voorzichtig over een “opportuniteit die zich kan voordoen”. “Het zal afhangen van de verkiezingen.” Die woorden vatten het mooi samen: de liberaal houdt meerdere ijzers in het vuur. Pas in juni hakt het parlement van de RvE de knoop door. Na de federale verkiezingen van 26 mei, dus, waaraan Reynders prominent deelneemt. Hij trekt de Brusselse MR-lijst. Dat geeft hem tijd. Tijd om te achterhalen of hij alsnog kans maakt om premier te worden, nu partijgenoot Charles Michel in de touwen hangt door de val van zijn regering. Reynders was 20 jaar minister en 15 jaar vicepremier, maar de sleutels van de Zestien kreeg hij nooit in handen. Die zal hij niet laten liggen.

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